
Pour un investisseur suisse en pre-seed, la décision ne repose pas sur vos prévisions financières, mais sur des preuves tangibles de sérieux et d’anticipation.
- La rigueur juridique (prêt subordonné, CLA) et la protection de votre capital (éviter la sur-dilution) sont des signaux plus forts que n’importe quelle projection de revenu.
- Votre équipe n’est pas une slide, c’est votre actif principal. Sa complémentarité et sa capacité d’exécution doivent transparaître dans chaque détail.
Recommandation : Avant de peaufiner votre pitch, auditez la solidité structurelle de votre projet. C’est là que se gagne la confiance, et donc le financement.
Vous avez une idée brillante, une ébauche de plan et une ambition dévorante. Sortant d’incubateur, vous tenez ce que vous pensez être un PowerPoint capable de changer la donne. Pourtant, une question vous hante : comment transformer ces quelques slides en un chèque de 100 000 CHF de la part d’un Business Angel (BA) suisse, réputé pour sa prudence ? La plupart des conseils génériques vous diront de soigner votre pitch deck, de présenter un marché gigantesque et d’afficher une confiance à toute épreuve. Ces éléments sont nécessaires, mais absolument pas suffisants sur le marché helvétique.
La réalité, c’est que les investisseurs que vous allez rencontrer ont vu des centaines de projets comme le vôtre. Ils savent que vos prévisions de chiffre d’affaires à trois ans sont, au mieux, optimistes. Ils savent que votre produit n’existe pas encore et que le chemin sera semé d’embûches. Alors, sur quoi se base réellement leur décision ? Et si la véritable clé n’était pas dans la promesse d’un futur radieux, mais dans la démonstration d’une rigueur implacable au présent ?
Cet article va vous dévoiler la perspective d’un investisseur. Nous n’allons pas lister les 10 slides indispensables. Nous allons décortiquer les 8 piliers de confiance qui transforment un projet intéressant en un investissement évident. Vous découvrirez comment des actions concrètes, de la formalisation d’un prêt entre proches à la structuration intelligente de votre capital, constituent les véritables signaux de crédibilité qui feront la différence et vous permettront de sécuriser ce premier financement crucial.
Pour naviguer efficacement à travers les stratégies qui vous permettront de sécuriser votre financement pre-seed, ce guide est structuré pour vous fournir des conseils actionnables à chaque étape clé. Voici les points que nous allons aborder en détail.
Sommaire : Les piliers de confiance pour convaincre un investisseur suisse en pre-seed
- Pourquoi formaliser l’argent des proches avec un contrat de prêt subordonné est vital pour la suite ?
- Convertible Loan Agreement : comment repousser la discussion sur la valorisation à plus tard ?
- BAS (Business Angels Switzerland) ou SICTIC : quel club d’investisseurs pour une Fintech ?
- L’erreur de donner 30% de sa boîte pour 50k CHF qui tue l’intérêt des futurs gros investisseurs
- Quoi mettre dans la slide « Équipe » pour rassurer quand on n’a pas encore de produit fini ?
- MassChallenge ou FONGIT : quel programme d’accélération propulsera votre startup spécifique ?
- Comment repérer les futures pépites du « New Space » suisse avant leur entrée en bourse ?
- Comment décrocher un chèque d’innovation Innosuisse pour financer votre R&D ?
Pourquoi formaliser l’argent des proches avec un contrat de prêt subordonné est vital pour la suite ?
Le premier argent que vous levez, souvent appelé « Love Money », vient de votre famille et de vos amis. C’est un signe de confiance formidable, mais la manière dont vous le gérez est le premier signal que vous envoyez à un investisseur professionnel. L’erreur classique est de considérer cet argent comme un don ou un prêt informel. En tant qu’investisseur, je vois cela comme un drapeau rouge majeur. Cela dénote un manque de rigueur et crée une dette ambiguë qui compliquera toute levée de fonds future.
La seule approche acceptable en Suisse est de formaliser cet apport via un contrat de prêt subordonné. Ce document stipule que le remboursement de cette dette ne se fera qu’après celui de tous les autres créanciers (dont les futurs investisseurs). Cela nettoie votre bilan et montre que vous comprenez les hiérarchies de créances en cas de difficulté. C’est une preuve de maturité juridique.
Le droit suisse est précis sur ce point. Comme le rappelle la jurisprudence, un prêt d’un proche n’est pas automatiquement considéré comme des fonds propres. Selon une analyse de la jurisprudence du Tribunal Fédéral, ce n’est que si la société est déjà en situation de surendettement que le prêt est implicitement subordonné. Ne jouez pas avec cette ambiguïté. Un contrat clair, rédigé avant tout problème, est une marque de professionnalisme qui me rassure immédiatement.
En présentant un prêt subordonné en bonne et due forme, vous ne me montrez pas seulement un bilan propre. Vous me prouvez que vous anticipez les problèmes, que vous respectez l’argent qui vous est confié et que vous êtes prêt à opérer au niveau d’exigence du capital-risque. C’est un test de sérieux que beaucoup de fondateurs échouent avant même de m’avoir rencontré.
Convertible Loan Agreement : comment repousser la discussion sur la valorisation à plus tard ?
La deuxième question qui paralyse les fondateurs en pre-seed est : « Combien vaut ma startup ? ». La vérité est simple : à ce stade, elle ne vaut rien, car elle n’a ni clients, ni revenus, ni produit finalisé. Tenter de fixer une valorisation de plusieurs millions sur la base d’une simple idée est le meilleur moyen de paraître arrogant ou naïf. C’est une discussion stérile qui nous fait perdre du temps à tous les deux.
La solution élégante et standard en Suisse est le Convertible Loan Agreement (CLA), ou prêt convertible. Il s’agit d’un prêt que vous accorde l’investisseur, qui se convertira en actions lors de votre prochain tour de financement (la Série A, par exemple). L’avantage est double : vous obtenez les fonds immédiatement et vous repoussez l’épineuse question de la valorisation au moment où de vraies métriques existeront. Le CLA inclut généralement deux mécanismes pour récompenser l’investisseur précoce pour son risque : un « discount » (une réduction sur le prix de l’action du futur tour) et un « cap » (une valorisation maximale à laquelle le prêt se convertira).
Utiliser un CLA démontre que vous comprenez les mécanismes de financement modernes. Cela prouve que vous êtes concentré sur l’essentiel : construire votre produit et acquérir vos premiers clients, plutôt que de débattre sur une valeur théorique. Pour moi, un fondateur qui arrive avec une proposition de CLA bien structurée est quelqu’un qui parle le même langage. Il facilite la transaction et montre qu’il est « coachable » et au fait des standards du marché.
Oubliez la valorisation. Proposez un CLA avec un cap et un discount raisonnables. C’est le signal le plus fort que vous pouvez envoyer pour montrer que vous êtes focalisé sur l’exécution, et non sur la spéculation.
BAS (Business Angels Switzerland) ou SICTIC : quel club d’investisseurs pour une Fintech ?
Frapper à la bonne porte est aussi important que d’avoir le bon pitch. En Suisse, tous les réseaux de Business Angels ne se valent pas et ne ciblent pas les mêmes projets. Venir me voir en direct est une chose, mais montrer que vous avez identifié le bon écosystème pour votre startup est un signe de préparation stratégique. Pour une Fintech, par exemple, le choix entre BAS et SICTIC n’est pas anodin.
Votre travail est de comprendre la culture de chaque réseau. Comme le soulignent les docteurs Nicolas Durand et Iwan Märki, fondateurs d’Abionic, dans leur retour d’expérience après avoir levé des fonds via BAS :
Les startups en phase précoce devraient aller au BAS car le networking est essentiel. Vous pouvez rencontrer des experts expérimentés de diverses industries.
– Dr. Nicolas Durand & Dr. Iwan Märki, Abionic Success Story
Cette remarque est cruciale. BAS (Business Angels Switzerland) regroupe des entrepreneurs et cadres expérimentés, souvent avec une approche plus traditionnelle ou patrimoniale. C’est un excellent réseau pour un projet nécessitant un mentorat industriel fort et des connexions établies. À l’inverse, SICTIC (Swiss ICT Investor Club) est le plus grand réseau de Suisse, très orienté tech et innovation, avec une culture plus proche du capital-risque américain. Pour une Fintech visant une croissance explosive et nécessitant une expertise en scalabilité technologique, SICTIC est souvent plus adapté.
Le tableau suivant résume les différences clés pour vous aider à cibler juste :
| Critère | BAS | SICTIC |
|---|---|---|
| Profil d’investisseurs | 100 entrepreneurs et executives expérimentés de Zurich et Suisse Romande | Plus grand réseau BA suisse, top 10 investisseurs AI Europe |
| Culture d’investissement | Traditionnel/patrimonial | Tech/VC-like, focus innovation |
| Montant typique | CHF 50k-500k | Jusqu’à CHF 2 millions |
| Process de sélection | Dinner pitch meetings mensuels | Investor Days structurés |
| Expertise Fintech | Généraliste, approche prudente | Forte expertise tech et scalabilité |
En justifiant pourquoi vous avez choisi un réseau plutôt qu’un autre, vous ne faites pas que chercher de l’argent. Vous me démontrez une compréhension fine de l’écosystème suisse et une approche stratégique de votre développement. C’est un point qui rapporte énormément de crédibilité.
L’erreur de donner 30% de sa boîte pour 50k CHF qui tue l’intérêt des futurs gros investisseurs
Voici l’erreur la plus dévastatrice que je vois chez les primo-entrepreneurs : une mauvaise compréhension de la dilution. Dans la panique de sécuriser un premier chèque, ils sont prêts à céder une part énorme de leur entreprise pour un montant relativement faible. Donner 30% de votre startup pour 50 000 CHF est un suicide à petit feu. Pourquoi ? Parce que cela rend votre entreprise « in-investissable » pour les tours de financement suivants.
Imaginez la scène : vous arrivez pour votre Série A en ayant besoin de 2 millions. Les fonds de capital-risque qui regardent votre « cap table » (table de capitalisation) verront que les fondateurs ne possèdent déjà plus que 50% ou 60% de l’entreprise. Ils savent qu’ils prendront eux-mêmes 20-25%. Après ce tour, votre part tombera à 40%. Quel intérêt aurez-vous à vous battre corps et âme pour une entreprise dont vous n’êtes plus majoritaire ? Aucun investisseur sérieux ne misera sur des fondateurs démotivés. Une « cap table » saine, où les fondateurs détiennent une large majorité (idéalement plus de 80%) après le tour pre-seed, est une condition non négociable.
Votre objectif en pre-seed n’est pas de maximiser la valorisation, mais de minimiser la dilution. Vous devez lever juste assez pour atteindre vos prochains jalons (un prototype, des premiers utilisateurs), tout en cédant le moins de capital possible, typiquement entre 10% et 20% au maximum pour ce premier tour.

Cette image d’une balance de précision symbolise parfaitement l’équilibre fragile que vous devez maintenir. D’un côté, les fonds nécessaires à votre lancement ; de l’autre, la préservation de votre capital, votre actif le plus précieux. Une dilution excessive au départ déséquilibre la balance de manière irréversible.
Votre plan d’action pour éviter la sur-dilution précoce
- Calcul à rebours : Estimez la dilution d’une future Série A (env. 20-25%) et déterminez la part maximale que vous pouvez céder en pre-seed pour rester majoritaire et motivé.
- Compensation non-financière : Proposez un siège au conseil consultatif (advisory board) en échange d’un ticket plus petit, pour valoriser l’expertise de l’investisseur sans céder trop de capital.
- Investissement par tranches : Négociez un déblocage des fonds conditionné à l’atteinte de jalons (milestones) clairs. Cela réduit le risque de l’investisseur et justifie une dilution plus faible au départ.
- Priorité aux prêts convertibles : Utilisez un CLA avec un « cap » (valorisation maximale) élevé. Cela protège votre capital bien mieux qu’une cession immédiate d’actions basée sur une faible valorisation.
- Valorisation des apports : Mettez en avant les apports non-financiers de votre équipe (brevets, réseau, expertise unique) pour justifier une valorisation plus élevée et donc une dilution plus faible pour le même montant.
Quoi mettre dans la slide « Équipe » pour rassurer quand on n’a pas encore de produit fini ?
Quand votre produit est une idée et vos revenus un tableur Excel, la seule chose concrète sur laquelle je peux investir, c’est vous. L’équipe est l’actif numéro un d’une startup en pre-seed. Ce n’est pas une simple slide avec des photos et des logos d’anciennes écoles. C’est la réponse à ma question fondamentale : « Pourquoi cette équipe, et aucune autre, est-elle capable de transformer cette idée en une entreprise qui vaut des millions ? »
Votre mission est de prouver la complémentarité et la capacité d’exécution de votre équipe fondatrice. Oubliez les titres ronflants. Je veux voir une histoire cohérente. Qui est le « hacker » (le technicien capable de construire le produit) ? Qui est le « hustler » (le commercial capable de vendre la vision et le produit) ? Qui est le « hipster » (le designer ou expert produit qui garantit une expérience utilisateur exceptionnelle) ? Montrez-moi que vos compétences couvrent les piliers essentiels de votre projet.

Au-delà des compétences, je cherche des preuves de votre résilience et de votre engagement. Avez-vous déjà travaillé ensemble sur d’autres projets ? Avez-vous surmonté des échecs ? Avez-vous quitté des emplois confortables pour vous consacrer à 100% à ce projet ? Ce sont des signaux puissants. Mettez en avant des « faits d’armes » spécifiques, même modestes : un projet universitaire primé, un petit « side project » qui a généré quelques revenus, une expérience de gestion dans un contexte difficile. Montrez que vous savez « faire », pas seulement « penser ».
Enfin, soyez transparent sur vos lacunes. Aucune équipe n’est parfaite. Identifier un manque (par exemple, « nous aurons besoin d’un expert en marketing digital d’ici 6 mois ») et expliquer comment vous comptez le combler (via un recrutement, un advisory board) est une preuve de maturité et d’honnêteté qui inspire bien plus confiance que de prétendre tout savoir faire.
MassChallenge ou FONGIT : quel programme d’accélération propulsera votre startup spécifique ?
Un Business Angel n’investit pas seulement dans une idée, mais dans un projet capable de s’entourer des bonnes ressources pour exécuter son plan. Démontrer que vous avez une stratégie claire pour vous faire accompagner est un signal de maturité essentiel. En Suisse romande, deux noms reviennent souvent : MassChallenge à Lausanne et la FONGIT à Genève. Choisir l’un ou l’autre n’est pas anodin et révèle votre compréhension de vos propres besoins.
Votre choix doit être justifié par la nature de votre startup. MassChallenge est un programme d’accélération de renommée mondiale, sans prise de participation (« equity-free »), qui offre une visibilité et un réseau international incomparables. C’est idéal pour une startup qui a déjà une preuve de concept et qui vise une expansion rapide sur plusieurs marchés. La FONGIT, soutenue par l’État de Genève, est une fondation d’utilité publique qui offre un soutien sur le long terme, incluant des bureaux, des laboratoires et même des subventions. C’est un choix parfait pour une startup « deeptech » ou medtech, qui a besoin d’infrastructures lourdes et d’un accompagnement patient pour sa R&D.
Le succès de l’écosystème d’accompagnement n’est plus à prouver. Par exemple, en 2021, les startups vaudoises ont levé plus de 1 milliard de CHF, un record qui démontre la puissance des structures de soutien locales comme celles de l’arc lémanique. Intégrer le bon programme n’est pas une dépense, c’est un investissement stratégique.
Ce tableau comparatif vous aidera à positionner votre projet :
| Critère | MassChallenge Switzerland | FONGIT |
|---|---|---|
| Localisation | Lausanne | Genève |
| Type de soutien | Equity-free, réseau global | Subventions jusqu’à 100 000 CHF, bureaux et labs partagés |
| Secteurs privilégiés | Tous secteurs, expansion internationale | Technologies et sciences, Deeptech, Medtech |
| Investissement temps | Programme intensif 4 mois | Accompagnement sur-mesure long terme |
| ROI pour pre-seed | Réseau et visibilité globale | Infrastructure et soutien local fort |
Lorsque vous me présenterez votre projet, ne me dites pas simplement « nous allons postuler à un accélérateur ». Dites-moi « Nous visons la FONGIT car notre technologie nécessite un accès à leurs laboratoires, et leur soutien financier nous permettra de finaliser notre preuve de concept. » C’est la différence entre une intention vague et une stratégie réfléchie.
Comment prouver votre vision marché quand vous n’avez aucun client ?
Une des plus grandes erreurs dans un pitch pre-seed est de se cacher derrière des chiffres de marché pharaoniques sortis d’un rapport Gartner. Me dire que le « marché mondial du X représente 50 milliards de dollars » ne m’apprend rien sur votre capacité à conquérir ne serait-ce qu’un seul client. Ce que je veux voir, c’est une compréhension intime et quasi-obsessionnelle de votre premier segment de clientèle.
Même sans produit, vous devez démontrer que vous avez confronté votre idée à la réalité du terrain. Comment ?
- Interviews utilisateurs : Présentez une synthèse de 20, 30, 50 interviews que vous avez menées avec des clients potentiels. Quels sont leurs « pains » (points de douleur) exacts ? Quels mots utilisent-ils pour décrire leur problème ? Une slide avec 3 citations percutantes de vrais clients est mille fois plus puissante qu’un graphique TAM/SAM/SOM.
- Analyse des « hacks » existants : Montrez comment vos futurs clients « bricolent » aujourd’hui une solution pour résoudre leur problème. Utilisent-ils une combinaison de plusieurs logiciels ? Des tableurs complexes ? Cela prouve que le problème est réel et qu’ils sont déjà en recherche active d’une meilleure solution.
- Lettres d’intention (LOI) : C’est le Graal du pre-seed. Une lettre d’intention non-engageante signée par une ou deux entreprises respectées de votre secteur, stipulant qu’elles seraient intéressées pour tester votre solution une fois disponible, est une preuve sociale massive. Cela valide le problème et votre approche.
Il ne s’agit pas de prédire l’avenir, mais de démontrer une traction intellectuelle. Un fondateur qui peut me raconter l’histoire de ses 10 premiers clients potentiels, leurs frustrations et leurs attentes, est quelqu’un qui a fait ses devoirs. C’est le signe d’une approche centrée sur le client, qui est le meilleur gage de succès pour une future commercialisation. Votre vision ne doit pas être macro-économique, mais micro-chirurgicale : qui est votre tout premier client, et pourquoi va-t-il vous adorer ?
Cette démarche de validation précoce est la seule manière crédible d’aborder la question du marché. Elle remplace les hypothèses par des débuts de preuves et montre que vous construisez une solution dont quelqu’un a réellement besoin.
À retenir
- La structure prime sur tout : un cadre juridique et financier solide (prêt subordonné, CLA) est le signal de crédibilité le plus important en pre-seed.
- Protégez votre capital : une dilution précoce excessive (plus de 20%) est une erreur fatale qui décourage les investisseurs des tours futurs.
- L’équipe est le produit : en l’absence de traction commerciale, la complémentarité, l’engagement et la vision de l’équipe fondatrice sont les seuls actifs tangibles sur lesquels un BA peut investir.
Comment décrocher un chèque d’innovation Innosuisse pour financer votre R&D ?
Un entrepreneur intelligent ne met pas tous ses œufs dans le même panier. En parallèle de votre recherche de Business Angels, vous devez activement explorer les sources de financement non-dilutives. En Suisse, l’outil le plus puissant pour une startup technologique est sans conteste le chèque d’innovation d’Innosuisse. Obtenir ce soutien n’est pas seulement une question d’argent ; c’est un label de qualité qui démultiplie votre crédibilité auprès des investisseurs privés.
Innosuisse, l’agence suisse pour l’encouragement de l’innovation, a pour mission de soutenir la science et son transfert dans l’économie. Le chèque d’innovation permet à une startup de financer un projet de R&D en collaboration avec un partenaire de recherche académique (une HES, une EPF, etc.). Cela vous donne accès à une expertise de pointe et à des infrastructures de recherche que vous ne pourriez jamais vous offrir, tout en validant la pertinence scientifique de votre projet. Pour un investisseur, une startup soutenue par Innosuisse est une startup dont le risque technologique a été significativement réduit.
L’effet de levier est considérable. Vous pouvez obtenir une subvention pour financer votre projet, ce qui vous permet d’allouer les fonds levés auprès des BA à d’autres postes, comme le marketing ou le développement commercial. Mieux encore, la combinaison des deux est une stratégie gagnante. Une étude de cas sur les stratégies de financement montre que les contributions d’Innosuisse et du réseau de coaching platinn peuvent être cumulées avec les aides cantonales et les prêts de fondations, créant un effet multiplicateur pour les startups ayant déjà sécurisé un premier investissement d’un BA.
Dans votre pitch, mentionner que vous avez « identifié un partenaire académique à la HES-SO et que le dossier de chèque d’innovation est en préparation » change tout. Cela me montre que vous avez une vision à 360° de votre financement, que vous savez utiliser intelligemment l’écosystème suisse et que mon argent sera utilisé de manière optimale. C’est la preuve ultime de votre intelligence financière.
Votre prochaine étape n’est pas de refaire vos slides pour la dixième fois, mais d’auditer froidement votre projet à l’aune de ces piliers de confiance. La levée de fonds n’est pas un concours de beauté, c’est un processus de construction de crédibilité. Bâtissez des fondations solides, et les investisseurs viendront à vous. Commencez dès aujourd’hui à mettre en œuvre ces stratégies pour transformer votre idée en un projet in-investissable.